Ma mère est de la génération de celles qui économisent pour laisser un héritage à ses enfants et petits enfants. On a beau lui dire qu’elle devrait profiter, ici et maintenant de son argent, rien n’y fait. Ma maman a un raisonnement réellement pragmatique face aux dépenses.

Je l’ai appelé hier, comme quotidiennement. On prend des nouvelles l’une de l’autre, moi au Québec, elle dans les lointaines maritimes. Cette fois-ci, j’avais une demande précise à lui faire. Récemment j’ai mis ma maison à vendre. Peu après, j’ai obtenu l’emploi rêvé après deux ans de dures recherches. Mes actions en bourse ont commencé à fluctuer positivement et j’ai la possibilité d’acheter un condo neuf, à quelques minutes de mon nouveau travail. Tout se bouscule et le printemps s’annonce comme une vraie renaissance. Sauf que, je n’ai pas la mise de fonds requise pour réserver mon super condo. C’est pas grave, je peux faire un prêt-pont à court terme auprès de la banque ou mieux, à moindre intérêt, je peux demander à ma mère de me prêter l’argent dont j’ai besoin. J’y vais pour cette alternative.


L’analyse pragmatique d’une maman

Elle accepte l’idée et refuse de me prêter avec intérêt. Et là, elle me demande : « T’es sûre que c’est ce que tu veux acheter un condo? T’es même pas certaine que tu aimeras ton nouveau travail… Mais, c’est ta décision ». Merde, je n’ai tellement pas envie d’entendre cela. Enfin, les choses vont bien pour moi et l’argent va se mettre à rentrer sous peu. J’éloigne le téléphone de mon oreille pour me donner l’aplomb nécessaire et ne pas lui crier qu’elle éteint mon enthousiasme. Rapidement, je raccroche sans me fâcher en disant poliment à ma mère que je vais y penser. Je suis contente d’être restée calme. Et là, je repense à sa question…

Support d'un ainée à un adulte

Retour à la case départ

J’ai été tellement vite en affaire que je n’ai pas envisagé cette question. Et je me rappelle qu’être vite en affaire, c’est un mode habituel chez moi, quand les choses se mettent à aller rondement. Je me suis endettée à répétition dans ma vie pour profiter de belles occasions, et paradoxalement, le plaisir généré par la conjoncture, se transformait trop rapidement en fardeau de dettes à payer pour plusieurs années. Avant cet appel à ma mère, je m’apprêtais à revivre ce scénario et une fois de plus, à ajouter un stress inutile à ce qui m’arrive de beau.



J’ai donc décidé d’attendre que ma maison soit vendue, que mes actions en bourse prennent réellement de la valeur, de m’intégrer dans mon nouvel emploi et d’apprécier pleinement mon nouveau statut professionnel. Après, il sera temps, avec mon argent en poche, de faire le choix qui me procurera un réel plaisir durable que je pourrai savourer pleinement. Merci maman, pour ton raisonnement pragmatique que je n’ai pas toujours apprécié et qui, aujourd’hui, va changer mon avenir. Tu ne le sais pas, mais tu m’as donné aujourd’hui mon plus bel héritage.

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